Faut-il acheter dans les Duty Free?

Sempiternelle question lorsque l’on rentre ou bien lorsque l’on part en vacances (juste après celle du poids de la valise, du prix de la bouteille d’eau à l’aéroport et de l’achat de l’entrée au Salon Business), faut-il acheter quelque chose au duty-free (c’est-à-dire dans les magasins des aéroports)?

Soyons clairs, à la base, je ne parlerai concrètement dans cet article que de l’alcool (donc ni des parfums, ni des cigarettes), à boire avec modération, comme nous le savons tous.

Le duty-free et moi

Il y a plusieurs années (quand j’étais jeune), le duty-free me semblait incontournable et faisait partie intégrante du voyage en tant que tel. Ou plutôt c’était la présence d’une étiquette avec le prix avec et sans taxes qui était pour moi un symbole, certes consumériste, de début de vacances ou d’une simple invitation à dépenser l’argent de mes parents (si en plus il y avait des petits drapeaux, c’était encore mieux). Tout à coup, tout était moins cher et beaucoup plus accessible. Je me souviens d’ailleurs avec bonheur des voyages en famille avec des escales interminables ponctuées de longs passages dans les duty-free espagnols (et leur corollaire effroyable, l’escale interminable en Espagne avec un vol national dans un terminal sans magasins) où nous achetions clairement tout et principalement n’importe quoi (Jeux de cartes invraisemblables pour moi, cigarettes pour mon père, parfums & crèmes pour ma mère, etc.), bref on était des bons clients (est-ce de là que me vient ma folie pour les duty-free? Peut-être bien, c’est un peu mon Citizen Kane).

Depuis, je ne sais pas vraiment pourquoi ni comment, j’adore traîner dans les duty-free mais je n’y achète quasiment plus rien. Essentiellement car je voyage davantage en Europe ces dernières années et que je reste traumatisé par cette étiquette au double prix (le classique du comportement humain, et surtout du mien, étant de ne rien acheter quand on sait que ceux d’à côté paient beaucoup moins cher) et puis j’ai le sentiment que c’est devenu bien plus cher qu’ailleurs aussi.

Cependant, en mai, me voilà en train de faire une escale à Zurich et je me reprends à rêver de duty-free, une zone où tout le monde est gentil, où ça sent bon le parfum et dans laquelle on se fait servir un cocktail à 10h30 du matin, en un mot le paradis.

Le duty-free aujourd’hui

J’ai malheureusement vite déchanté…

Pourquoi:

1. Le franc suisse n’a que peu d’intérêt (persuadé que l’aéroport de Zurich allait être formidable, je n’ai pas acheté la bague Bulgari à l’aéroport de Roissy qui me faisait de l’oeil, grosse erreur). Donc avant tout achat, n’oublions pas de porter une grande attention au risque de change (pour le franc suisse et le yen tout le monde comprendra pourquoi, pour le dollar, ça reste globalement intéressant de puis le retournement de la parité euros-dollars) qui complique encore plus la donne (et quand je parle du risque de change, n’oublions pas aussi les frais prélevés par votre banque sur les opérations en devises et plus vicieusement ceux sur les opérations en euros faites en-dehors de la zone euro (de type achat de billets d’avion sur le site de Qatar ou la possibilité d’achats en euros hors zone euros))

2. Au retour, au duty-free espagnol, il n’y avait plus de double-étiquette pour l’alcool (et oui ne fumant pas, je ne m’achète pas de cigarettes à moins que qqn me demande de lui en ramener et j’ai la flemme de faire du trafic de clopes) donc grosse frustration d’avoir rêvé d’acheter sans TVA et de ne pas pouvoir le faire

La disparition de la double étiquette a commencé, il me semble, avec le champagne pour pallier (sans doute) à la baisse des ventes auprès des passagers nationaux puis européens puis globalement aujourd’hui tous les produits sont quasiment au même prix (en tout cas, alcool et cosmétiques). Si on ajoute à ça, le taux vaguement incompréhensible appliqué dans les duty free (qui n’a rien à voir avec le taux de TVA et ce, quelque soit le pays d’achat), il est clair que l’on peut émettre certains doutes sur l’intérêt du duty-free. En tout cas, pour moi c’était clair, le duty-free était devenu un attrape-voyageurs bloqués dans un espace confiné qui n’ont d’autres choix, pour tromper l’ennui, que de dépenser leur argent dans des trucs moyens et trop chers (comme la bouteille d’eau gazeuse à 3,50€ chez Exki au terminal 2F de Roissy par exemple).

 Faut-il acheter au duty-free?

J’ajoute donc ma pierre à l’édifice en parlant plus spécifiquement du prix de l’alcool à l’aéroport de Malaga durant l’été 2013.

Histoire de se mettre dans l’ambiance, l’aéroport était en travaux et donc il fallait obligatoirement traverser le principal magasin de duty free pour parvenir aux portes d’embarquement et là on tombait sur:

Le salon Moet & Chandon où résonnait Get Lucky de Daft Punk!

Le salon Moet & Chandon où résonnait Get Lucky de Daft Punk!

Sauf erreur de ma part (et je sais que ça n’en est pas une), l’an dernier David Guetta a lancé un happening F**k me I’m famous à l’aéroport d’Ibiza avec un espace consacré à la fête.

On retrouvait le même esprit à Malaga avec le coin salon tout à fait cossu de Moet & Chandon créé pour le lancement de leur champagne à boire avec des glaçons l’Ice Imperial (a priori, il a été lancé depuis deux-trois ans déjà mais seulement dans des endroits sensass’ de type St Tropez, Cannes… ou la Guadeloupe (on ne fera aucun commentaire sur la cohérence de la démarche)). La dimension musicale n’était pas en reste et résonnait à fond les ballons Get Lucky dans tout le magasin. Bref c’était génial (sans rire). Ca m’a tout de suite mis dans l’ambiance « j’ai envie d’acheter »! (je suis une cible facile pour le marketing)

Je me suis donc naturellement dirigé vers le coin du rhum (car très honnêtement, c’est le seul alcool que j’aime bien boire) et voici ce que j’ai trouvé

Les 20% de réduction sur le Bacardi!

Les 20% de réduction sur le Bacardi!

Bacardi Citron, Framboise ou Pomme: 13,75€ le litre

j’ai toujours bien aimé les rhum Bacardi aromatisés (souvenir d’un cocktail extra à Puerto Rico) mais je n’ai rien pris cette fois-ci (sans doute parce que je n’ai pas compris pourquoi dans la version framboise, on avait besoin de mettre un acidifiant puis un correcteur d’acidité… d’ailleurs c’est effarant de voir que la législation sur la composition de l’alcool est très très soft en Espagne par rapport à la version internationale des bouteilles que l’on trouve dans les aéroports qui est beaucoup plus stricte et complète… Pour vous dissuader d’acheter les Premix Mojitos & Pina Colada de Bacardi, jetez un coup d’oeil à leur composition…)

Le coin Bacardi classique

Le coin Bacardi classique

Idem pour le Bacardi classique (rien à voir mais je ne sais pas si vous avez déjà été confronté au problème de demander du rhum dans un pays étranger car en anglais, je ne sais pas pourquoi mais personne ne comprend quand je dis rum donc je dis Bacardi, ce qui résout complètement le problème, sauf s’ils n’ont pas de Bacardi bien entendu) à 12,40€ le litre (je ne connais pas vraiment le prix en France mais il me semble que c’est assez bon marché). Mais bon, on en a pas mal à la maison donc non…

Un petit détour pour les gins qui connaissent un développement phénoménal en Espagne:

Le coin des gins!

Le coin des gins! Très impressionnant toutes ces marques complètement inconnues (en même temps, j’aime pas le gin…)

Eux n’avaient pas 20% de réduction mais seulement 3€, 5€ ou 15% de réduction (bravo pour la lisibilité de l’offre) ce qui n’était pas forcément une mauvaise affaire! En même temps, vu qu’on en a 3 bouteilles (pleines) à la maison et qu’au final on boit très peu, passe.

Mais alors avons-nous acheté quelque chose?

Oui! Mais surtout parce qu’une jeune fille à l’espagnol approximatif et nous donnant du chicos en veux-tu en voilà nous a fait miroiter une chance de gagner 150k€ en en dépensant 50€ seulement!

La dite offre!  Comment résister?

La dite offre!
Comment résister?

A partir de ce moment, autant dépenser 50€, non? (comment ça « non justement! »? )

Bref, nous avons été néanmoins presque rationnels en achetant du Cointreau (le Grand Marnier c’est quand même deux fois plus cher et de toutes les manières c’est pour faire de la cuisine), du rhum vénézuélien Cacique (3,50€ le verre dans les chiringuitos d’El Palo alors que le Bacardi est à 3€ donc ça doit être bon) et deux bouteilles de vin Céleste de la famille Torres à 12,90€ (au lieu de 20 et qqs au Club del Gourmet du Corte Ingles) que j’avais bu lors de la soirée American Express du magasin Zwilling.

Les achats faits!

Les achats faits!

L’un dans l’autre, on ressent quand même un certain frisson à acheter en duty-free et j’adore toujours autant cette ambiance complètement artificielle avec trop de lumière, trop de musique et trop de vendeuses aspergeant tout le monde de parfum.

Etait-ce vraiment pas cher?

Je ne suis pas complètement persuadé de l’opportunité que représentait cette offre car de toutes les manières, nous avons acheté des choses dont nous n’avions pas réellement besoin mais je pense que c’était pas cher (et puis ça me donnera une base de réflexion pour plus tard).

Conclusion: 

Avant de se dire qu’on va acheter son alliance chez Cartier à l’aéroport (l’ayant fait, je confirme que c’est effectivement moins cher), il convient de bien vérifier le prix classique car les duty free pratiquent allègrement le prix de base anormalement élevé et n’ont donc aucune difficulté à pratiquer un rabais de 30% sur ce dernier, sans que toutefois, le prix soit réellement intéressant pour le consommateur.

A noter néanmoins, de plus en plus de duty-free (en tout cas à Zurich et Roissy) pratiquent le « on vous rembourse si vous trouvez moins cher ailleurs », ce qui est (allez on va dire que oui) un gage de qualité, même si nous savons bien que profiter de ce type d’offres est tellement décourageant au niveau des documents à apporter que personne ne le fait.

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10 comments on «Faut-il acheter dans les Duty Free?»

  1. Alors oui c’est complètement excitant cette course éperdue entre 2 avions au duty free cette impression d’avoir tout pour rien, et je confirme c’est faux, archi-faux.
    Je me souviens d’un hiver, une escale prolongée par le mauvais temps avec en plus des soldes!! et mon mari voulant absolument s’acheter un manteau en cashmere blanc totalement immettable, incompatible avec une activité normale et cherchant vainement un appui auprès de ses enfants totalement désintéressées tant ils étaient eux-même préoccupés par ce qu’ils allaient nous faire acheter, aujourd’hui ce sont mes petits enfants qui sont eux aussi pris d’une frénésie incontrôlable lorsqu’ils aperçoivent cette  » maudite » étiquette;

    • Merci pour ce riche commentaire!
      Personnellement, je ne me souvenais pas du tout de cette histoire de manteau en cachemire blanc… Mais ça ne m’étonne pas tant que ça. Au final, comme on ne faisait pas tant que ça les boutiques, le duty-free offrait quand même des produits auxquels nous n’avions pas accès normalement.

      Dur de résister au duty-free même quand on sait que ça n’a que peu d’intérêt!

  2. Le duty free est un abîme… Même sur les vols intérieur je suis capable de papillonner dans la boutique pour en sortir avec une cochonnerie sucrée : « tu comprends on en trouve pas ailleurs que dans les duty free »

    • Oui! Le pire c’est qu’au Japon tu as des « Editions limitées Duty Free »!!! Avec les gateaux Hello Kitty de Narita bien sûr. Je me suis toujours dit qu’on ne communiquait pas assez en France sur les éditions limitées…

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